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Rapport moral du Président de l’ADAC 2020-2021

Pour ce rapport moral 2020-2021, je vous laisserai déjà relire celui de 2019-2020 où toutes les actions engagées étaient répertoriées.

Il faut savoir que cette année 2020-2021 a été très difficile pour notre organisation, d’abord parce que nous n’avons pratiquement pas pu circuler et ensuite parce qu’il n’y a eu aucune rentrée financière permettant à l’ADAC de fonctionner. En résumé j’ai assumé pratiquement seul le fonctionnement de l’ADAC.

Vous vous doutez bien que cela ne peut qu’être  exceptionnel, sinon c’est l’existence même de notre organisation qui serait remise en cause, ce qui serait bien dommage, car n’en doutons pas nous sommes les précurseurs de la « Véritable » attitude que la France et l’Europe doivent avoir envers le continent africain.

En 2021-2022 nous devons retrouver nos activités, pouvoir circuler et donner les moyens financiers à l’ADAC de fonctionner. Je sais que le modèle économique n’est pas simple et qu’il n’est jamais simple d’avoir raison avant tout le monde. Notre positionnement fait que nous sommes parfaitement ignorés des institutions françaises, nous n’avons aucune subventions, ni aides et ce n’est pas plus mal.. Nous gardons notre entière liberté d’action… En résumé nous devons trouver nos propres sources de financement à travers les projets portés et les modestes cotisations de nos adhérents.

Nous avons des amis et partenaires qui sont à nos côtés, qui nous soutiennent et qui ont les mêmes problèmes que nous au regard de leurs rapports avec les diverses institutions qui sont censées gérer les dossiers africains. Souvent les dites institutions cultivent l’entre -soi et leurs responsables sont plus préoccupés de leur avenir personnel que de l’avenir des rapports entre l’Afrique et la France. Il suffit de constater les brillants résultats obtenus par certaines de ces institutions.

Ne désespérons pas, il y a aussi des gens biens, efficaces  et des personnes volontaires qui essaient d’inverser ces tendances négatives des rapports entre une partie des peuples africains et  la France. Les adversaires économiques et politiques de la France se « régalent » de nos faux pas en Afrique. Nous avons un Président de la République qui essaie de faire différemment des pouvoirs précédents. C’est sans compter sur l’implantation toujours bien vivante de ce qui reste des réseaux de la France-Afrique et de l’incurie patente de certains conseillers chargés  des dossiers africains à l’Elysée et au Quai d’Orsay. Notre actuel Président a trop « intellectualisé l’Afrique » et écouté l’Afrique fantasmée décrite par certains de ses Conseillers. Quand je suis arrivé en RDC en 2001, un colonel des Forces Armées de la République Démocratique du Congo, m’a dit « tu écoutes, tu regardes et tu fermes ta gueule », c’était surprenant, mais tellement vrai… Cela pourrait s’appliquer à pas mal de personnes de l’entourage de l’Elysée ou du quai d’Orsay  qui ont certainement une connaissance théorique et toute relative de l’Afrique, même quand elle sont issues des « Diasporas africaines , mais pas l’intelligence de transformer ces connaissances en fonction de la situation réelle et actuelle de ce continent et des tentions géopolitiques qui s’y exercent.

Le Continent Africain n’est pas un jeu virtuel, il sera toujours compliqué de corriger les erreurs et les manquements.

Nos adversaires économiques et politiques font leur miel de nos erreurs. Il faut savoir que là aussi, il n’y a pas de pays amis, il n’y a que des intérêts ici et maintenant.

C’est dans le cœur des populations que la France doit regagner du terrain en travaillant sur le développement de proximité, maillage indispensable de la stabilité de ce continent et non  dans les montages abracadabrantesques politico-militaires sans avenir.

Le terrorisme s’implante en Afrique à cause du non développement des régions africaines et du pillage systématique de toutes les ressources par les grandes puissances. La misère, la corruption locale et le mépris de certaines fausses élites envers les populations  sont  le carburant du terrorisme.

Quand quelqu’un n’a plus rien à perdre il est une proie facile pour les dogmes mortifères du terrorisme international ou pour venir grossir le tragique et terrible cimetière qu’est devenue la mer Méditerranée…

En cette période 2020-2021 j’ai donc essayé coûte que coûte de maintenir le lien entre tous les membres de l’ADAC et de maintenir également un minimum d’activités. J’ai continué à travailler sur la RC, la RDC, le Cameroun, la Côte d’Ivoire où malgré les différents blocages les dossiers continuent d’avancer… Il faut être constant et pugnace… Croire en ce que nous faisons …

Je ne puis à ce jour faire un bilan exact de nos actions, puisqu’elles sont en cours. Il est certain que 2022 sera une année d’actions et de changement pour notre organisation. Le CA et le bureau seront renouvelés « dans la foulée » de l’AGO du 30-10-2021, j’ai annoncé clairement que je ferai mon dernier mandat comme Président de l’ADAC et que je souhaitais passer la main à une ou un plus jeune. Je suis Président depuis 2010, je pense qu’il est temps que je laisse la place… Je ne déserte pas et je continuerai à servir notre organisation, mais non en première ligne. Si vous me reconduisez pour trois ans, je prendrai le temps de former la personne qui me succédera avant qu’elle soit elle-même à la tête de l’ADAC.

Il faut lire attentivement l’ordre du jour proposé pour le 30, où il est aussi question de notre rapport avec un certain nombre d’institutions comme la cpme ou autres.

En ce qui concerne la cpme, nous devons constater que sur la thématique africaine ce syndicat patronal, qui est par ailleurs un excellent syndicat, a un problème de communication et de cohérence avec ses territoires. Nous venons de vivre une situation exemplaire pour démontrer ce problème : nous avons organisé avec la « cpme » nationale (France) et « ecam » (Cameroun) les JCCF en visioconférence (Journées Commerciales Cameroun France). La cpme nationale a fait un travail exemplaire avec ecam et l’ADAC … Les territoires n’ont pas répondu présents ; il y a eu 47 entreprises camerounaises inscrites à ces JCCF pour 12 entreprises françaises de la cpme.

Les entreprises qui adhèrent à la cpme dans un premier temps veulent avoir à faire au syndicat… Par ailleurs beaucoup ont aussi la demande de participer à un réseau d’affaires qu’il soit national ou international… Sous la même étiquette, le mélange des genres syndicat et business ne peut fonctionner, il y aurait confusion des genres… Si pour la France ça pose un problème, imaginez pour l’Afrique… les entreprises africaines veulent du réseau d’affaires et d’influences diverses, mais se soucient très peu des problèmes syndicaux…

l’ADAC est adhérente de la cpme depuis 2012 et moi-même depuis 2008. Je suis devenu le responsable national du secteur Afrique francophone de la cpme en 2015… Depuis ce temps tous les projets que nous avons portés à travers l’ADAC et toutes les entreprises qui ont eu un intérêt pour notre action n’appartiennent pas à la cpme.

La déduction est simple, le fait de ne pouvoir faire cohabiter sous la même étiquette « cpme », un syndicat patronal à la pointe de la défense des intérêts des artisans, Professions libérales, TPE, PME, ETI et un réseau d’affaires venant en appui auprès des entreprises concernées, empêche ceux qui le désirent de pouvoir s’appuyer sur un réseau issu de la « cpme syndicat ». 

Pour se faire, il faudrait séparer les activités et créer sous un autre nom le dit réseau d’affaires qui bien entendu serait directement lié à la cpme. Cette façon de procéder attirerait encore plus d’entreprises vers l’action syndicale et permettrait de développer un vrai réseau d’affaires.

Puisque ce souhait semble impossible,  une question se pose et je vous la pose à tous les membres de l’ADAC : « quid de mon maintien de responsable du secteur Afrique  au sein de la Commission internationale de la cpme, où j’ai l’impression de ne servir à rien et où nous n’avons aucun moyen pour traiter les dossiers de l’Afrique francophone…

En 2015 à chaque réunion avec le Président de la CI Philippe de Brauer, nous étions une cinquantaine de participants, en 2017, sous la Présidence de François Turcas, nous sommes passés à une vingtaine de participants dont cinq permanents de la cpme, en 2021 en visioconférence, sous la Présidence de L’ancien Ministre Mr Matthias Felk, nous sommes une quinzaine de participants dont trois permanents. Ce n’est pas une question de Présidence, c’est une question de désintérêt des territoires de la cpme pour l’international et l’export… Les entreprises qui exportent ne passent pas par le syndicat cpme, mais par des réseaux spécialisés et des réseaux « business » ou le font  seules parce qu’elles sont déjà expérimentées sur ce thème.

Devant ce manque de cohérence,  si c’est à nous ADAC de faire tout le travail gracieusement en Amont et en Aval sur ce thème de l’Afrique, il est évident que des questions sérieuses se posent sur la pertinence du secteur Afrique de la cpme et mon maintien au sein de la Commission internationale.

C’est pourquoi je fais la proposition suivante que je soumettrai à votre vote le 30-10-2021 : «  poursuivre mon action au sein de la cpme nationale jusqu’au 31 décembre 2021 pour ne pas laisser en plan des « dossiers possibles » en cours, je terminerai donc toute action commencée. Puis donner ma démission de ce poste totalement bénévole, très chronophage et aussi quelque peu coûteux pour mes fiances personnelles… Garder l’ADAC au sein de la cpme à travers son adhésion à la cpme72 dont je suis un des V.P,  c’est-à-dire travailler plus sur les territoires avec la cpme72 comme base … Egalement travailler au sein de EAF–cpme (l’Entrepreneuriat Au Féminin) où nous avons une véritable action à mener auprès des femmes et des associations de femmes africaines à travers les femmes « cheffes » d’entreprises françaises.

Si des membres de la Commission internationale de la cpme veulent travailler avec l’Afrique à travers l’ADAC, selon notre éthique, ils sauront où nous trouver. Voilà mes conclusions en ce qui concerne ce sujet.

Croyez bien que c’est un crève cœur pour moi, car je considère cela comme un échec et j’ai les meilleurs rapports avec le Président de la cpme, ainsi qu’avec beaucoup de cadres et de responsables cpme …Mais en cette période difficile, il nous faut aller de l’avant et à l’essentiel et travailler avec ceux qui veulent travailler sur les sujets qui nous concernent et qui sont les raisons d’exister de l’ADAC…

Enfin sur tous nos projets en cours, nous avons à travailler avec « ecam » ( Patronat du Cameroun) avec qui nous sommes liés depuis bientôt 10 ans. Nous devons toujours soutenir notre ami Paul Njanjo avec sa ville nouvelle de « Dibamba Beach », projet encalminé depuis plusieurs années pour des raisons de basse politique camerounaise…

Nous avons également des actions en préparation en RDC et en RC et les projets réalisés en RC devraient enfin fonctionner normalement après la période COVID et les graves problèmes financiers de la RC.

Il en est de même de la Côte d’Ivoire où tous les projets ont été à l’arrêt pendant cette crise sanitaire.

Je suis optimiste sur le devenir de l’ADAC si tout le monde prend conscience que cette modeste organisation est exceptionnelle par sa vision des problématiques du Continent Africain …parce qu’elle œuvre sur le terrain en Afrique, avec et pour les populations africaines, qu’elle a une réflexion globale sur le développement local et la coopération internationale sans exclusive. l’Humain reste toujours au centre de nos préoccupations…

Là aussi, il faut que nos partenaires africains soient plus organisés et n’attendent pas seulement une « aide » financière des partenaires internationaux ou français. Sinon ce ne sont pas de vrais partenariats et cela ne peut fonctionner… Il faut aussi qu’ils soient responsables et constants concernant les  décisions qu’ils prennent en matière de partenariats techniques et financiers. Ce n’est pas toujours le cas… Enfin, il ne faut céder en rien à la corruption qui gangrène les circuits politiques et les circuits d’affaires en Afrique. Comme disait un ami : «  pour qu’il y ait des corrompus, il faut qu’il y ait des corrupteurs »… tiens donc !…Nous ne mangeons pas de ce pain là.

                                                                                              Bien à vous tous

                                                                                              Le Président de l’ADAC

                                                                                      Didier Renaud